La clé des ondes

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LA RADIO QUI SE MOUILLE POUR QU'IL FASSE BEAU

"Avec Pierre Hurmic et Bordeaux Respire, j'espère qu'on réussira à prouver que les urnes sont utiles"

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Harmonie Lecerf fait partie de ces nouvelles et nouveaux élu.es, novices en politique, qui vont faire leur entrée au Palais Rohan dans la nouvelle majorité municipale. Retour avec elle sur la fin de campagne et la victoire de Bordeaux Respire.

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14m

L'invité.e

6h15/8h15 : Harmonie Lecerf et Olivier Escots (Bordeaux Respire)

Diffusé le 29/06/2020

On était devait le local de Bordeaux Respire, ce dimanche soir d'élections. On y a interrogé Harmonie Lecerf, 4e de la liste victorieuse, intervenante sociale au pôle asile du Centre d'accueil, d'insertion et d'orientation (CAIO), qui avait un peu "de mal à y croire". "On a travaillé pour ça pendant des mois et là ça arrive, c'est concret, c'est fou c'est tellement un gros symbole de détrôner la droite et la République En Marche !"

La Clé des Ondes : Qu'est-ce qui a convaincu les Bordelais de voter pour Bordeaux Respire, à ton avis ?

Harmonie Lecerf : Je pense qu'il y avait vraiment une grosse envie de changement. Et aussi l'urgence climatique qu'on ne peut pas nier. Les partis de droite n'arrivent pas à faire croire qu'ils sont écolos. Ils essaient de verdir leur discours mais ça ne marche pas. Nicolas Florian n'a même pas réussi à faire sa campagne en vélo, il venait sur les marchés en voiture avec chauffeur. Je pense qu'il n'a pas convaincu. Les gens, même ceux qui ont des attaches sociales ou familiales à droite, avaient besoin de ce changement. Ils pensent à leurs enfants, à leur avenir, à la planète.

Dans les derniers jours, qu'est-ce qui a pu faire la bascule en votre faveur ?

De ce que j'ai entendu, dans les quartiers populaires il n'y a pas eu beaucoup de mobilisation, et ça c'est vraiment quelque chose qu'il va falloir prendre en compte parce que c'est pas possible d'avoir de si petites mobilisations sur des élections locales.

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Je pense que les gens avaient envie d'y croire. Ils ne savaient pas trop et puis au dernier moment ils se sont lancés. On est allés au tribunal la semaine dernière pour dénoncer une campagne qui n'était pas éthique, pas légale. Beaucoup de gens sont venus nous dire qu'ils en avaient marre des petits arrangements, marre de se faire voler dans les urnes, et qu'ils voulaient aller voter.

"Que tout le monde se relève du covid-19."

Maintenant que vous êtes à la mairie, qu'est-ce qui doit primer dans votre action, dès le début ?

C'est ce qu'on avait pas prévu : le coronavirus. Il va falloir très vite agir là où il y a des urgence : les associations qui ont vidé leur trésorerie pour aider les plus démunis, ou qui ont annulé plein d'évènements qui d'habitude remplissent leur trésorerie. Il va falloir recevoir ces associations, discuter, faire en sorte que tout le monde puisse s'en relever. Ça va être compliqué, il va falloir sans doute se serrer la ceinture, mais ce qu'on veut c'est que tout le monde s'en relève.

Et puis il y a l'urgence sociale dans la rue. Et il y a aussi très rapidement de l'écologie qui va être mise en place. Ça parait cliché mais notamment reverdir la ville pour faire redescendre la température. On a une grosse canicule annoncée cet été, il va falloir agir sur ça.

L'abstention pour ce 2e tour est forte. Est-ce que tu penses qu'elle est liée au coronavirus ?

Il y a une abstention montante dans notre pays depuis des années. Il y a un désintérêt pour la politique, au moins un désengagement. Les gens y croient de moins en moins. Mais d'autre part il y a des manifestations qui montent, ce qui montre que les gens n'ont pas rien à dire, juste qu'ils ne trouvent pas comment le dire.

Le coronavirus y est pour beaucoup aussi. Beaucoup de gens n'étaient pas au courant, n'avaient pas la tête dans ce 2e tour. Et puis peut être un camp qui croyait que c'était plié et ne s'est pas mobilisé.

Bordeaux en luttes, menée par Philippe Poutou, réalise un score historique aussi ce soir (10%, 3 élus). Comment vois-tu cette arrivée de la gauche radicale ?

Je l'ai déjà dit, ils le savent : j'ai été très désespérée par ce que devenait le mouvement des Gilets jaunes. J'avais été aux manifestations dans un premier temps, je trouvais ça bien, ces gens qu'on n'entendait plus et qui retournaient dans la rue. Mais j'avais l'impression que ça ne devenait rien tellement le gouvernement était sourd. Et là ils ont réussi à mobiliser, à leur donner une voix, à matérialiser ça. Et ils rentrent à Bordeaux. En plus le FN sort de la mairie, c'est quand même pas anodin, ça change le curseur au "parlement de Bordeaux" comme ils disent. Je les félicite pour ce qu'ils ont fait.

"J'espère qu'ils savent qu'on pourra parler, qu'on pourra avancer."

Ça a été dur, c'est vrai qu'on a été beaucoup attaqués pendant cette campagne, mais je les félicite. J'espère qu'ils savent qu'on pourra parler, qu'on pourra avancer. Je le dis très honnêtement, je suis contente qu'ils rentrent à la mairie avec nous, même si on n'est pas ensemble, ils vont être cette opposition dont la ville de Bordeaux a besoin.

On nous a beaucoup fait croire que les Gilets jaunes venaient de l’extérieur de Bordeaux, mais il y a aussi des Bordelais qui sont pauvres, précaires, au bord du gouffre. Ils ont pu s'exprimer par cette élection et j'espère que ça mobilisera plus globalement sur le territoire ces gens qui pensent qu'il n'y a plus rien qui se passe par les urnes. J'espère qu'on réussira à prouver que si, les urnes c'est utile.

En gagnant vous réduisez aussi considérablement le nombre élus de droite [ils seront 14]...

Oui c'est une satisfaction de se dire que ce n'est pas leur politique qui va passer en premier à Bordeaux. C'est une satisfaction parce qu'on a bien vu qu'il y avait des arrangements, des gens qui pensaient à leur siège en premier, et ça c'est intolérable. Quand on fait une campagne parce qu'on veut avoir des indemnités d'élu et un siège... Moi je ne supportais pas l'idée que Thomas Cazenave soit dans la majorité alors qu'il a fait 12% au premier tour. L'inégalité qu'il y aurait eu entre la liste BEL et Cazenave alors qu'ils avaient presque le même score au premier tour, c'était vraiment un poignard dans la démocratie. C'était dire qu'il suffit d'avoir des copains, des arrangements qui viennent de paris, que notre territoire ne nous appartient pas. Non, notre territoire nous appartient, on s'organise localement, et Cazenave n'aura pas une voix à la métropole simplement parce qu'il s'est arrangé 48h avant le dépôt des listes.

Ces élections vont aussi entrainer des changements à la métropole. Qu'est-ce que tu en attends, notamment sur le sujet de l'aide aux exilés que tu connais bien ?

Oui je pense qu'on fait basculer la métropole. On va avoir plus de voix aussi bien chez les Verts que dans les partis de gauche. C'est très important d'un point de vue écologique, et social. On est une ville où il y a beaucoup de squats, de bidonvilles, de campements. On va pouvoir mettre notre nez dans ces sujets et soutenir ces populations qui sont très précaires, et vraiment s'allier autour de ça.

Tu vas faire ton entrée en politique, toi qui ne connaissais pas le statut d'élue. Comment est-ce que tu vis ça ?

Je ne sais pas du tout, je m'attends à ce qu'il y ait des moments très difficiles. Mais ça me donne beaucoup d'espoir, on est beaucoup de personnes jeunes dans cette liste, beaucoup de personnes qui s'engagent pour la première fois, et oui, il y a vraiment de la place pour les personnes qui veulent s'investir. Ça me donne beaucoup d'espoir.

A écouter aussi dans le podcast : la réaction d'Olivier Escots, inspecteur du travail, membre du PCF, et nouvel élu pour Bordeaux Respire (9e de la liste).

Propos recueillis par Xavier Ridon, dimanche 28 juin.

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