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Bordeaux : nouveau cas de covid parmi les exilés enfermés par la préfecture

La vague d'interpellations dans la région se solde également par un camouflet pour les préfets : elles étaient illégales , ont jugé les magistrats. Explication.

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Bordeaux : nouveau cas de covid parmi les exilés enfermés par la préfecture

10/11/2020

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La situation ne s'améliore pas au Centre de rétention administrative (CRA) de Bordeaux. Dans les sous-sol de l'hôtel de police, dans le quartier Meriadeck, le nombre des exilés enfermés a drastiquement réduit par rapport à la semaine passée, mais les motifs de protestation restent autant élevés pour la Cimade.

Il y a une semaine, dans son émission hebdomadaire sur la Clé des ondes, la Cimade, qui intervient auprès des retenus du CRA, avait déjà sonné l'alerte. Elle craignait la création d'un cluster comprenant les retenus mais aussi les personnels intervenants (femmes de ménage, salariées de l'association...), tout comme les agents de police.

Durant le week-end du 30 octobre, huit personnes avaient été enfermées, portant à 19 le nombre de retenus (sur 20 places disponibles). Arrivé le samedi, un homme souffrant de symptômes a dû attendre lundi pour être examiné par un médecin et testé. Le résultat obtenu le lendemain se montrait clair : positif au covid-19.

"La personne a été transférée dans un CRA « dédié » aux personnes contaminées, laissant penser que le CRA peut être utilisé comme un hôpital" tempête encore ce mardi 10 novembre la Cimade.

Les tests pratiqués dans la foulée sur tous les autres retenus étaient tous négatifs, indiquait alors la préfecture de Gironde à la Clé des Ondes. La Cimade appelait à la prudence et évoquait la possibilité de "faux-négatifs".

En parallèle, le CRA de Bordeaux s'est vidé. Trois personnes avaient été transféré vers celui de Toulouse. Pour le reste, ce ne sont pas "décisions préfectorales mais judiciaires" qui ont permis les libérations explique Pauline Racato, membre de la Cimade. Dans son communiqué, l'association ajoute :

"Les juges bordelais ont ordonné durant la semaine dernière la libération de toutes les personnes arrivées dans le week-end (soit 8 personnes), sans lien avec le covid mais dû à l’illégalité des interpellations, à l’exception d’une personne expulsée illégalement vendredi vers la Russie alors même que l’administration ne savait pas si la personne étaient atteinte ou non du Covid."

Par ailleurs, le procureur n'avait pas été avisé des dernières interpellations. Ce vice de procédure a permis de libérer plusieurs personne. De même, aucune demande d'autorisation préalable n'a été produite pour interpeller quatre personnes déjà assignées à domicile, à l'occasion d'une "visite domiciliaire" selon le vocabulaire prévu. Ces erreurs ont été commises dans différents départements ce qui pourrait laisser penser à une même volonté venue du ministère de l'Intérieur, d'autant plus qu'une hausse du taux d'occupation a été constatée à travers toute la France dans les centres de rétention.

"Pas de fondement juridique"

Quant à la personne, tchétchène renvoyée en Russie, "il n'y avait pas de fondement juridique du lieu d'expulsion" nous précise la Cimade. La Cour Européenne des Droits de l'Homme a été à ce titre saisie.

Sur les cinq personnes restantes, les tests ont été pratiqués en ce début de semaine et les résultats sont tombés ce mardi : l'une d'entre elles est également positive. Des tests ont aussi été faits sur les agents de Police Aux Frontières, ceux de l'office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et le personnel médical mais les résultats ne sont pas connus.

Maintenir un centre de rétention ouvert indigne d'autant plus les associatifs que les expulsions sont quasiment impossible puisque les frontières sont fermés. Ainsi, une seule expulsion a eu lieu en octobre 2020 contre 40 l'année d'avant. Ne cherchant pas à légitimer l'existence de ces centres, Pauline Raconte précise :

"C'est un détournement de la rétention. Actuellement les CRA servent donc d'hôpitaux sans les infrastructures ou servent de prisons pour neutraliser des personnes mais pour les frontières sont pour la plupart fermées."

Elle indique aussi que la Cimade dénonce ces atteintes aux droits des personnes étrangères enfermées, elle insiste aussi pour redemander la fermeture des centres de rétention et pour protéger la santé de toutes et tous.

Retrouvez notre précédent article relatant ces interpellations "consternantes et parfois violentes"

Photo de Une : Le centre de rétention de Bordeaux en 2011 (extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privations de liberté.

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