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Cohabitation intergénérationnelle : "Se sentir utile, c'est indispensable à la vie !"

Depuis près de 15 ans, la cohabitation entre jeunes et personnes âgées organisée par l’Association Vivre Avec, dans la métropole bordelaise, connaît un réel succès. Témoignage avec Michèle et Mamadou.

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Cohabitation intergénérationnelle : "Se sentir utile, c'est indispensable à la vie !"

16/02/2021

Photo de l'article: Cohabitation intergénérationnelle : "Se sentir utile, c'est indispensable à la vie !"

Bordeaux, ville étudiante, qui voit arriver chaque année des milliers de Jeunes à la recherche d’un logement, a du mal à trouver pour chacun de ces apprenants une solution adaptée à son profil et à son budget. Les logements proposés sur le marché sont chers, trop chers pour les étudiants modestes ; le CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires) qui propose des logements en Cité universitaire, ne dispose pas, actuellement, d’un parc immobilier suffisant pour répondre à toutes les demandes. L’éventail des solutions est très mince.

Pour répondre à ce problème, l'association Vivre Avec propose à des étudiants et à des seniors de cohabiter. L’objectif est de mettre en relation des jeunes en manque de logement pour cause de budget insuffisant, avec des seniors qui expriment le besoin d’une présence pour combler leur solitude et partager des moments de convivialité.

C'est ainsi que Mamadou Saidou Barry a emménagé chez Michèle Gilguy, 82 ans. Lui est étudiant en communication et actuellement stagiaire à La Clé des Ondes, et il a recueilli le témoignage de sa coloc' sur la cohabitation entre juniors et seniors !

Entretien a écouter en intégralité dans le podcast, avec également la directrice de l'association, Elise René.

Mamadou Saidou Barry : Depuis quelques années vous accueillez des étudiants en difficulté dans votre maison, comment avez-vous découvert cette idée d'échange entre juniors et seniors proposée par l'association Vivre avec ?

Michèle Gilguy : Disons que depuis 2014, le décès de mon mari, j’ai pris conscience dans la maison que nous avions acquise qui est une grande maison faite pour accueillir des enfants et aussi de la famille quand ils en avaient besoin. Donc après le décès de mon mari, la cérémonie où tout le monde était venu, la maison s’est vidé, et j’ai ressenti une sorte d'effroi par rapport à ma solitude dans cette grande maison vide. Alors, j’ai pensé d’abord louer des chambres à des étudiants mais quelqu’un de ma famille m’a dit qu’un jeune louant une chambre chez moi pouvait très bien entrer et sortir sans même m’adresser la parole. Eh donc, ce n'était pas la bonne formule puisque cette location ne s’accompagnait pas de présence sympathique si vous voulez, d’accompagnement sympathique. Et donc j’ai cherché sur internet, et j’ai trouvé l’association Vivre Avec.

Je vis chez vous depuis maintenant deux ans, nous partageons cette expérience proposée par l’association Vivre Avec. Moi j’ai constaté que c’est pas simplement une façon de permettre à des jeunes de se loger à moindre coût parce qu’à Bordeaux le loyer est extrêmement chère, ce n’est pas que ça. Il y a cette vie humaine qu’on trouve dans la cohabitation avec un senior, c’est pas souvent des différences, c’est aussi de la complémentarité dans les rapports noués avec les seniors, on constate qu’il n'y a souvent pas assez de différence comme beaucoup le pensent.

Si je peux donner un exemple, ma génération de seniors sont des personnes qui connaissent tout de l’orthographe et de la grammaire française, et donc déjà, c’est quelque chose que le senior peut apporter en dehors du logement et du confort de l’habitat. Il y a le fait que le senior peut apporter une aide en orthographe surtout avec des étudiants qui viennent d’autres pays, ça c’est une petite chose ! Et puis après il y a le reste. C’est à dire que forcément, en cohabitant, on est obligés chacun d'émousser les angles de sa personnalité de façon à ce qu’il n’y ait pas de chocs, de heurts entre les deux, voilà.

Accueillir n’est toujours pas facile, alors comment faites vous pour mieux organiser les choses afin que les étudiants qui vivent chez vous soient à l’aise ?

Rien ! Je ne fais aucun effort ! Je vis simplement et je leur laisse la liberté de s'épanouir dans leurs chambres, dans le jardin mais comme ça s’est produit à deux reprises sur neufs accueils néanmoins, si le jeune est trop égocentrique, est trop égoïste, et vit pour lui, je ne sais pas comment expliquer, et n’est pas discret surtout dans le lieu commun qui est la cuisine espace à vivre si vous voulez, ça ne peut pas marcher ! Et tout de suite je le ressens comme une agression, voilà.

Dans vos rapports avec les étudiants que vous avez accueillis depuis que vous avez commencé cette expérience avec les étudiants, pouvez-vous nous dire ce qui vous a le plus marqué ?

Ce qui m’a marqué, c’est le ressenti que la solitude est effroyable donc que ma survie dépend d’une présence sympathique dans mon lieu d'habitation. Et ce n’est pas pour autant l'enfermement dans une maison de retraite. C’est un échange humain qui fait que je me sens utile et ça c’est indispensable à la survie ! Se sentir utile, c’est indispensable à la vie !

Parce que moi, depuis que je suis là, j’ai quand même, développer ce sentiment qu’avec ce concept, c’est du gagnant-gagnant. En fait, nous bénéficions de tous les privilèges de la maison et des aides aussi que vous pouvez nous apporter côté expérience. Quand je dis expérience, je parle des expériences de la vie, ce que vous avez vécu, surtout des erreurs à éviter quand on est très jeune. Il y a aussi des conseils dont on bénéficie pour vivre dans un pays qui n’est pas le nôtre quand on est un étudiant étranger accueilli par un senior. Je pense que c’est une chance pour des jeunes comme moi qui développent cette envie de découvrir la culture française et qui rencontrent un senior qui connaît très bien la culture française.

Ah, tout à fait ! Je pense que c’est un concept gagnant-gagnant ! Réellement, je ne peux pas concevoir cette partie de ma vie, c'est-à-dire, entre la vie active, et l’accompagnement d’un époux si vous voulez, et la grande vieillesse, je ne peux pas le concevoir sans cette cohabitation avec des jeunes. Donc, je ne sais pas comment font les personnes âgées qui sont seules chez elles. Pour moi, c’est impensable, c’est impossible !

Quand j'étais jeune fille, j'habitais pas loin de la rue de Marseille où j’habite aujourd'hui, c'était rue Turenne. Après la guerre, il y avait pénurie de logement, après les bombardements, donc mes parents sont venus habiter chez mes grands-parents parce qu’ils n’avaient pas où se loger. Et donc, quand mes parents ont pris leur envol, c’est à dire, après la guerre qu'ils ont pris un logement séparé de mes grands parents, mes grands-parents avaient loué des chambres à des étudiants, et toutes les personnes âgées de l'environnement de mes grands-parents qui étaient veuves louaient leurs chambres, ça leur faisait un revenu supplémentaire. Maintenant, est-ce la hausse des retraite qui fait que les personnes âgées ne louent plus leur appartement ? Je ne sais pas ! Mais c'était un phénomène général dans ma jeunesse d’avoir vu des étudiants cohabiter avec mes grands-parents.

Qu’est ce que cela vous apporte de vivre l’un avec l’autre ?

La vie comme elle doit être vécue, c'est-à-dire, le contraire de la solitude ! C'est-à-dire, une compagnie ! Une maison habitée ! Une maison utile ! Et puis, éventuellement, il faut en parler quand même, c’est qu'un jeune chez moi, accueilli dans les conditions de Vivre Avec, me rend des petits services, qui sont en fait de grands services ! Parce qu’avec une marche difficile comme c’est le cas pour moi, aller à la pharmacie qui est à trois minutes, mais aller me chercher un médicament indispensable, c’est quelque chose de très important. Sans compter le fait d’aller ouvrir la porte si j’ai un malaise.

C’est arrivé une fois lors de mon premier accueil, le premier étudiant que j’ai eu chez moi a ouvert la porte aux pompiers alors que j’étais en malaise cardiaque. C’est quand même hyper important ! Donc, vous voyez tout le bénéfice qu’on peut tirer de cette cohabitation.

Il n’y a pas que vous qui tirez des bénéfices dans cette cohabitation, il y’a aussi de mon côté, parce que vous m’apprenez beaucoup de choses. Vous me faites aussi découvrir avec vos émissions par exemple, même si je regardais l'émission Question pour un champion quand j’étais en Afrique, souvent par manque d’électricité, être fidèle à l’émission était très difficile. Depuis que je suis venu ici, même dans ma chambre maintenant je regarde Questions pour un champion !

Michèle, maintenant, vous avancez en âge, est ce que vous pensez vivre en cohabitation avec des étudiants encore longtemps ?

Je ne sais pas. A partir du moment où je deviendrai un fardeau ou une angoisse pour un jeune habitant chez moi, je me retirerai chez un de mes enfants. Chez ma fille aînée. Je ne veux pas être sujet d’angoisse pour quelqu’un avec qui je cohabiterai.

Avec cette période pandémique, est-ce que vous vous sentez en sécurité ?

J’ai déjà eu le COVID ! Donc ça c'est très bien passé ! Chez moi, je cohabitais avec Mamadou, mon interviewer et mon petit-fils. Et c’est mon petit-fils qui m’a emmené le COVID certainement parce qu’il a été enrhumé avant de venir chez moi. J’ai survécu ! J’ai été bien soignée. Je crois être immunisée et je me ferai vacciner.

Oui, je me rappelle lorsque vous avez eu le COVID, c'était quand même angoissant parce que vivre avec une personne âgée qui tombe sous l'effet du COVID était un peu trop à gérer chez moi même si j'essayais de fournir assez d’efforts ! Du coup, Michèle, est-ce que vous vous sentez entourée grâce à cette cohabitation ?

Ah oui ! Complètement ! Complètement ! Je pense que si j’avais été seule, je ne vois pas très bien comment ça se serait passé. Je ne peux pas imaginer avoir ressenti les symptômes avant le COVID seule. Les avoir ressentis en me sachant seule dans la maison, je ne peux l’imaginer. Là, je suis partie sereinement à l'hôpital. J’ai été soignée j’étais sereine, je suis revenue chez moi j'étais sereine. Il m’est arrivé, il y a six ans, d’avoir une douleur cardiaque qui a nécessité une intervention. C'était Guillaume à l’époque, le premier étudiant que j'ai accueilli, qui était là. Je me suis sortie de tout ça parce que je n'étais pas seule.

Michèle, est ce que vous avez des conseils à donner à des seniors qui hésiteraient à accueillir des étudiants chez eux dans l’idée de partager le même concept avec des jeunes qu’ils ne connaissent pas ?

Je dirais ce que je viens de dire, il faut aimer les jeunes. Je n’ai pas l'état d’esprit d’une personne qui peut vivre seule ! Je pense que ça dépend des caractères de l’éducation. Moi, je ne pourrai pas vivre seule.

On se tourne maintenant vers Elise Renet, directrice de l’association Vivre Avec, et Cyrielle Bellando, animatrice de l’association, pour continuer de parler de la cohabitation entre les seniors et les juniors.

Elise Renet : L’association Vivre avec est née en 2004. Elle part d’abord d’une expérience personnelle, puisque j’ai vécu une cohabitation intergénérationnelle quand j’étais étudiante à Arcachon. Après, arrivée sur Bordeaux, j’ai fait des études de gérontologie sociale, et ça a coïncidé avec la canicule de 2003 qui a occasionné pas mal de décès au niveau des personnes âgées. On s’est rendu compte à ce moment-là que beaucoup de personnes âgées étaient seules. Donc, l’idée est venue de pouvoir répondre à ces deux besoins, le problème de solitude des personnes âgées et le manque de logements étudiants. On a commencé notre action de cohabitation à la rentrée de septembre 2005.

Au premier abord, cette pratique peut sembler assez curieuse pour certains, pourtant ce type de colocation fait chaque année de plus en plus d’adeptes en France. Cela s’explique souvent par le manque de logement dans les grandes villes. Vu la difficulté de trouver un logement à Bordeaux, le concept est beaucoup plus apprécié par les seniors et étudiants, comment réagissez-vous face à cette satisfaction entre deux générations d'âges différents ?

On est content que cela prenne de l'essor ce qui n’était pas le cas en 2005 quand on a commencé. Beaucoup de gens se sont posé la question de comment allaient cohabiter un jeune et un senior ? Mais dans les faits, ce sont deux besoins qui se rencontrent, la solitude chez les personnes âgées et le manque de logement pour les étudiants. Actuellement, on se rend compte que les étudiants aussi souffrent de solitude. Surtout quand ils partent pour la première fois du domicile parental, ils sont contents et les parents rassurés de savoir que leur enfant n’est pas seul à Bordeaux, et la famille des personnes âgées est aussi satisfaite parce qu’elle sait que son parent n’est pas seul à sa maison, et que le jeune est là et il pourra alerter les secours ou la famille s’il arrivait quelque chose. Donc, on voit plutôt ces dernières années que cela commence à prendre de l'ampleur. Que de plus en plus de personnes âgées veulent vivre chez elles, et en même temps se disent pourquoi ne pas offrir une chambre à un jeune contre cette présence qui est rassurante, conviviale. Un jeune avec qui on peut partager, échanger, qui n'enlève rien à la présence de la famille, ni aux intervenants à domicile mais qui est confortable pour les deux.

Contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes qui disent souvent que c’est une façon de se loger à moindre coût. Est-ce que vous êtes d’accord avec cette idée ?

Non, je pense que ce n’est pas simplement une façon de se loger à moindre coût. Bien sûr que c’est un élément important pour les jeunes parce que le manque de logement est flagrant dans les villes universitaires. Mais au-delà de ce logement à moindre coût, il y a aussi l’échange et l’amitié qui peut se créer entre le jeune et le senior. Il y a les échanges, le partage d'expérience, il y a l’envie de faire, l’envie d’aider, l'envie de participer, l’envie de contribuer qui répond aux besoins des personnes âgées et des jeunes qui ont aussi envie de partager, qui ont envie d’échanger. Des seniors qui ont envie de partager leur expérience parce qu’ils ont vécu, ils ont une vie enrichissante parce qu'ils ont des choses à dire, des choses à faire. Au-delà du logement, c’est une rencontre entre deux générations qui ont beaucoup de choses à se dire et à se donner.

En contribuant au rapprochement des générations, la cohabitation entre ces deux générations se distingue comme étant une expérience humaine originale qui favorise l’échange des savoirs, permet de lutter contre l’isolement et contribue à créer du lien social. Quels sont les retours que vous avez des étudiants par rapport aux autres villes dans lesquelles il y a ce type de logements ?

Je pense que dans toutes les villes étudiantes on fait de la cohabitation entre des seniors et des juniors. On fait partie maintenant d’un réseau qui s’appelle le réseau "COHABILIS". On niveau du retour qu’on a, les jeunes sont plutôt satisfaits de cette cohabitation, de cette rencontre qu’eux-mêmes ne pensaient pas possible parce qu’aller vivre avec une personne âgée ça peut être effrayant, ou il y a beaucoup d'a priori de part et d’autre. Mais dans la réalité, ils se rendent compte que finalement c’est pas si mal que ça. Donc ce n’est pas leur grand parent, mais l’échange est forcément enrichissant et différent. On peut poser des questions différemment, et les parents sont satisfaits.

Satisfaction des parents, satisfaction des enfants, satisfaction des seniors et de leurs enfants. La satisfaction de tout le monde. Ça ne veut pas dire que ça se passe toujours très bien pour tout le monde ! C’est vraiment de la dentelle qu’on fait, c’est des cas par cas, c’est des situations individuelles qu’il faut savoir mettre en lien, qu’il faut savoir écouter, accompagner. La mise en relation n’est pas uniformisée. Il faut prendre un individu avec son histoire, avec son passé, avec ses valises, essayer de les poser pour trier, tricoter autour pour que la cohabitation se passe bien. On ne peut pas imposer dans la cohabitation. On laisse faire, on laisse le naturel venir, on laisse les échanges se faire, on les accompagne pour que tout se passe bien.

Sans pour autant être considérée comme un service spécialisé d’aide à la personne, c'est une colocation solidaire qui prouve que les générations ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Pour élargir le partage, vous organisez tous les ans une rencontre conviviale pour permettre aux accueillants seniors et jeunes étudiants de faire connaissance, alors, de façon plus approfondie, en quoi consiste cette rencontre ?

Cyrielle Belando, animatrice à Vivre avec : En effet, tous les ans on organise une rencontre autour d’un repas au moment des fêtes de fin d’année, au moment de Noël. C'est un moment de partage, de convivialité, entre les générations et entre les binômes. Puisque les jeunes et les seniors qui cohabitent depuis quelques mois déjà ensemble on appris à se connaître et partagent déjà leur expérience, et là ça permet de rencontrer d'autres personnes qui vivent la même expérience, de rencontrer d’autres jeunes et d’autres seniors, de pouvoir échanger en disant ce qu’ils vivent. Les seniors aiment bien partager les règles qu’ils ont chez eux. Et pour les étudiants c’est aussi une façon de se créer un réseau. De connaître d’autres jeunes qui vivent la même expérience qu’eux, qui sont sur Bordeaux. Donc, c’est assez enrichissant pour tout le monde, ça permet de créer des liens très durables.

On sait qu’il n’est pas facile d’organiser une vie entre deux générations d'âge différent, mais dans la plupart des cas, les seniors et les étudiants trouvent, après quelque temps, qu’ils ont beaucoup plus de similitudes que de différence. Est ce que vous confirmer cette approche ?

CB : Oui ! Dans l'imagination commune, on pense toujours qu’un jeune et un senior n’ont rien en commun, n'ont rien à faire ensemble, puisqu'il y a une différence d'âge qui est très grande donc une différence de culture, ce qui n’est pas vrai. On s'aperçoit dans la cohabitation qu’au bout de quelques mois, quand les seniors et les jeunes apprennent à se connaître, qu’ils partagent des passions, des envies. Ils vont avoir les mêmes difficultés de solitude, les mêmes difficultés d’avenir, à se projeter dans l’avenir, savoir ce que vont devenir les jeunes de par leurs études, les seniors de par le temps qui passe, c’est la vieillesse. Donc, ils ont beaucoup de points communs, ça leur permet d'échanger, et de se rapprocher aussi l’un à l’autre.

Depuis plusieurs années, des projets de cohabitation entre juniors et seniors se multiplient dans beaucoup de villes universitaires de France. En plus de lutter contre les vécus de solitudes de nos aînés, et d’offrir une solution innovante de logement à des étudiants, ils promeuvent le bien-vieillir et le vivre ensemble. Est ce que vous êtes d’accord avec cette idée ?

ER : Oui la cohabitation promeut souvent le vivre ensemble et le bien vivre, je pense que dans la cohabitation intergénérationnelle pour les personnes qui y participent, c’est la prise en compte du besoin de la personne âgée. De sa volonté, et de son envie. Beaucoup de personnes âgées ont envie de rester chez elles. Elles ont envie d'accueillir des jeunes et de partager avec des jeunes. Elles ne veulent pas forcément être dans une structure écartée des jeunes, sans pour autant, elles ne nient pas leur vieillesse, elles veulent la vivre comme elles le souhaitent, et y a des jeunes qui veulent partager cette vieillesse là, qui veulent participer à ce bien vivre de la personne âgée dans son domicile, dans son environnement. Et en cela, la cohabitation entre seniors et juniors montre que deux générations peuvent cohabiter pour s'entraider. Le confinement le montre. On a eu des cohabitations, des jeunes qui sont restés en lien avec leur personne âgée, ils se créent des liens et des amitiés, des affinités qui participent au bien vivre pas que de la personne âgée, mais du jeune aussi qui est content d’avoir ce lien là, et que le lien dans la cohabitation intergénérationnelle, il n’est pas à sens unique. Il y a une réciprocité dans l'échange, du partage et du don de temps et d’écoute.

Aujourd’hui en France, depuis la loi Elan publiée le 24 novembre 2018 permettant d’établir un contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire, ce modèle de logement est de plus en plus recherché par les jeunes pour sortir de la précarité étudiante, et par les seniors pour rompre avec leur solitude et pour retarder le départ en maison de retraite.

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