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Colonisation et Guerre d'Algérie : une analyse du rapport Stora

Pour le 50è numéro de notre émission, on revient sur le travail mené par Benjamin Stora de "l'impossible oubli" aux "défis à relever"

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Le Guide Du Bordeaux Colonial

Colonisation et Guerre d'Algérie : une analyse du rapport Stora

27/01/2021

Photo de l'article: Colonisation et Guerre d'Algérie : une analyse du rapport Stora

Mercredi 20 janvier 2021, Benjamin Stora, historien bien connu, spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain remettait à Macron son rapport "Rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la Guerre d’Algérie"

C’est quoi ce rapport ?

Il s'agit d'une œuvre de commande élyséenne. Emmanuel Macron l’a demandé à Benjamin Stora en juillet 2020. Ses 146 pages sont organisées en 3 parties. Les deux premières parties proposent un état des lieux de la situation avec une partie 1 intitulée l’Algérie : "l’impossible oubli, les effets de mémoire" où il est question selon l’auteur de la concurrence terrible entre des mémoires communautarisées, des mémoires qui touchent 7 millions de français (pieds-noirs, harkis, appelés, immigrés encore vivants et leurs familles…).

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Benjamin Stora en 2015 au Festival Etonnants Voyageurs (Wikimedia.jpg)/Creativ Commons)

La deuxième partie est intitulée "Les rapports de la France avec l’Algérie".

La troisième partie, nommée "Les défis à relever", propose une méthode et des solutions pour en sortir, des préconisations, 29 très exactement.

Pourquoi ce rapport ?

Le constat de Stora c’est que le sujet est très clivant et de fait très clivé mais qu’il faut pourtant avancer sur le chemin de la réconciliation, c’est essentiel. Il propose une nouvelle approche, qui consiste à arrêter avec les grands discours politiques et présidentiels, sortir de la crispation voire du psychodrame sur les « excuses » et la « repentance » véritable piège dans lequel les politiques sont tombés et que certains en Algérie comme en France instrumentalisent pour que rien ne bouge.

Emmanuel Macron lui, a besoin d’avancer sur le sujet et de marquer définitivement les esprits sur cette question, il en a fait un point important de son quinquennat. Il s’est déjà bien impliqué, notamment en 2017, lors de son déplacement à Alger durant la campagne présidentielle, où en tant que candidat il a parlé de « crime contre l’humanité ». Surtout en septembre 2018, en tant que Président cette fois ci, en se rendant auprès de l’épouse encore vivante de Maurice Audin, militant communiste algérien assassiné durant la Bataille d’Alger en 1957, pour lui demander pardon au nom de la République française.

Si Macron est prêt à avancer significativement sur le chemin de la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français avec des gestes forts et/ou symboliques par contre il n’est plus question d’excuses ou de repentance.

Pour Macron, il y a aussi l’ambition d’apaiser une partie des conflits au sein de la société française.

Un contexte favorable ?

C'est possible. D'abord, Macron est né après l’indépendance de l’Algérie et représente une génération nouvelle.

En Algérie le vaste mouvement du Hirak a déstabilisé et fragilisé le régime et les algériens veulent plus de démocratie et du neuf. Le président actuel, Abdelmadjid Tebboune, est semble-t-il moins offensif dans le discours sur ces questions de mémoire.

La situation au Sahel et en Libye commande de retrouver le plus rapidement possible des relations suivies et serrées avec l’Algérie.

En conclusion

Nous reviendrons sur cette prise de position de Raphaëlle Branche. "La réconciliation est en marche, elle est même très avancée dans les deux sociétés françaises et algériennes. Ce sont les politiques qui sont à la traîne"

Nos intervenant.es

Angélique BELKHIR étudiante en anthropologie en dernière année de master

Jean-Pierre Lefèvre, de l'équipe du Guide du Bordeaux Colonial, qui assurera aussi la technique

Jean François Meekel, de l’équipe du Guide du Bordeaux colonial, très pointu sur la question algérienne en particulier depuis la parution en 2020 du hors série Algéries - Jean-François s’est de plus passionné pour les recherches, les productions et la personnalité d’une historienne formidable, Raphaëlle Branche, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris Nanterre et spécialiste de la guerre d’Algérie.

Gérard Clabé, de l'équipe du Guide du Bordeaux Colonial, qui a construit et façonné cet échange.

Photo de Une : 16 janvier 1962. Scène de manifestation : vue de face de manifestants tenant banderole "Halte au fascisme Paix en Algérie". Vue de nuit. Cliché pris lors d'une manifestation anti OAS (Organisation de l'Armée Secrète) organisée par le font syndical commun à la suite d'une série d'attentats perpétrés à Toulouse dans la nuit du 15 au 16 janvier 1962. (Wikimedia-53Fi961.jpg)/Archives Municipales de Toulouse/Creativ Commons)

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