La clé des ondes

BORDEAUX 90.10

LA RADIO QUI SE MOUILLE POUR QU'IL FASSE BEAU

Grêve, droit de retrait : la CGT prête à réagir face à une rentrée "précipitée et dangereuse"

  • Actu
  • Luttes
  • Social-éco

Alors que les écoles doivent rouvrir dès ce lundi 11 mai, les conditions sanitaires seront-elles réunies ? Entretien avec Dominique Marchal de la CGT Educ'action.

Commande du podcast

30m

Point Chaud

Quelles conditions d'accueil pour la reprise de l'école ? Avec CGT'Educ Action.

Diffusé le 04/05/2020

Dominique Marchal est syndicaliste à la CGT Educ'action. Son interview est à écouter en intégralité dans le podcast ci-dessus.

La Clé des Ondes : On a découvert la note du gouvernement sur le "protocole sanitaire" qui devrait être mis en place dans les écoles à partir du 11 mai. Elle n'est pas rassurante, notamment quand on voit qu'elle a été mise à jour entre vendredi et dimanche : les masques ne sont plus obligatoires pour enseigner, mais seulement pour entrer en classes. Qu'est-ce que ça t'inspire ?

Dominique Marchal : On est dans une situation où le gouvernement s'entête dans un choix qui n'est pas le bon. Il aurait été plus sage de repousser la rentrée en septembre. On risque de devoir continuer à vivre avec ce virus dans les écoles, et cela va demander une organisation très particulière car ce qui compte c'est la protection des élèves, de leurs familles et des personnels.

On voit bien que tout ça va être très compliqué à organiser. On se retrouve dans une situation très anxiogène pour les parents et les personnels. Notre position à la CGT Educ'action, c'est que la rentrée se fasse en septembre. Prenons le temps de voir comment on réévalue nos façons de travailler.

"Ils ne sont pas en capacité d'organiser les choses."

En attendant, cette politique risque d'avoir des conséquences dramatiques. Le protocole n'est pas un point d'appui, au contraire. Il laisse la responsabilité aux acteurs locaux. Les hésitations et retournement du gouvernement sur le protocole sanitaire montrent bien qu'ils ont conscience qu'ils ne sont pas en capacité d'organiser les choses. Et il est or de question que nous sur le terrain on endosse cette responsabilité.

J'ai bien peur qu'au 11 mai, beaucoup d'écoles ne rouvrent pas vraiment : soit parce que les mairies auront décidé que les conditions ne sont pas réunies, soit parce que les enseignants décideront qu'ils ne sont pas en mesure d'accueillir les élèves de manière satisfaisante.

Faut-il, en tant que parent, boycotter cette reprise en n''amenant pas ses enfants à l'école ? Comptez-vous, en tant que personnels, vous mettre en grève ou faire usage du droit de retrait ?

Il est clair qu'il y aura un préavis de grève qui permettra de protéger les personnels, de leur permettre s'ils sont acculés dans des conditions insatisfaisantes de faire grève et d'exprimer leur mécontentement et leur refus. Nous invitons tous les enseignements à se réunir en vidéo-conférence, à se demander entre eux si les conditions sont réunies pour reprendre, ou s'ils veulent alerter les autorités compétentes, les niveaux hiérarchiques, et exercer leur droit de retrait.

Pour les familles, se profile déjà le fait que certaines ne pourront plus toucher le chômage partiel s'ils ne mettent pas leurs enfants à l'école. Comment gérer leurs enfants s'ils ont des impératifs ?

"Il est où le vrai plan d'urgence ? Les mesures pour faire face à l'épidémie et travailleur sereinement ?"

Il faut qu'on puisse organiser les choses pour accueillir les jeunes, mais en se donnant les moyens de le faire, pas dans la précipitation. La situation dans laquelle on est révèle les carences de L’État et tous les désinvestissements dans les services publics. Aujourd'hui par exemple on sait très bien que ça fait des années que les personnels de nettoyage sont en sous-effectif, qu'on n'est pas assez nombreux pour pouvoir assurer un nettoyage convenable. Et là, d'un coup de baguette magique, on va y arriver ?

Il est où le vrai plan d'urgence, pour le secteur de la santé, mais aussi le secteur éducatif ? Elles sont où les mesures pour faire face à l'épidémie et travailler sereinement, si la situation devait durer dans le temps ? Qu'est-ce qui commence à être mis en place pour le mois de septembre ? Au lieu de ça, on va précipiter les choses parce qu'il faut faire tourner la machine à profit.

Le gouvernement veut absolument rouvrir les écoles pour des intérêts économiques qui sont discutables. Il faut se poser la question de ce qui est essentiel aujourd'hui dans la société.

Interview à écouter en intégralité dans le podcast ci-dessus.

Les podcasts

Commande du podcast

2h15m

Achaïra

Diffusé le 03/08/2020

Commande du podcast

1h00m

Nouveautés à la Clé

Diffusé le 03/08/2020

Commande du podcast

1h00m

Ouplidada

Diffusé le 02/08/2020

Commande du podcast

1h30m

Spy Market

Diffusé le 02/08/2020

TOUS NOS PODCASTS
Lecture / Pause de la radio ou d'un podcast
ECOUTER LA RADIO
/
Retour au direct