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Oubliées de la Prime Covid, les aides à domicile en ont marre de vivre avec 900 euros

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Mercredi 1er juillet, les aides à domicile se sont réunies devant le département de la Gironde. "Salariées méprisées, salariées invisibles" : elles revendiquent leur droit à la prime Covid, promise à tous les soignants.

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Point Chaud

Actu du jour : les aides soignantes se font entendre devant le conseil départemental de Gironde

Diffusé le 01/07/2020

"On aimerait déjà qu'ils reconnaissent qu'on a été sur le front", réclame Christine, auxiliaire de vie à Saint-Médard en Jalles et déléguée syndicale CGT.

Les aides à domicile se rendent chez les personnes dépendantes - personnes âgées mais aussi personnes en situation de handicap - pour les aider dans leur vie quotidienne. "Nous avons été là parce qu'il y a des personnes qui sont seules, qui ont besoin de manger, d'être levées, d'être changées aussi" explique Brigitte, auxiliaire de vie à Saint-Médard.

"Premières de cordée" face au Covid-19

Un travail de l'ombre essentiel mais peu valorisé. Pendant le confinement, les aides à domicile ont continué à travailler, permettant aux bénéficiaires de rester chez eux.

"Si on ne s'était pas occupés de ces personnes pendant deux mois il aurait fallu les placer dans les EHPAD et les hôpitaux et ça aurait causé encore plus de mortalité"

Elles réclament aujourd'hui l'éligibilité à la prime Covid, promise à tous les personnels soignants et dont le versement a été délégué au département. Le département de la Gironde n'a pas versé cette prime aux aides à domiciles.

Pour ces salariées précaires, cette prime de 1000€ représenterait "un treizième mois", confie Christine.

"On est en grande précarité au niveau des salaires, souvent pas à temps plein. On vit souvent entre 900, 1000 ou 1100 € de salaire. Il y a des gens qui sont en train de survivre et on voudrait pouvoir vivre de notre métier"

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Des "salariées invisibles"

Chantal est tout juste retraitée. Elle était auxiliaire de vie sociale à Saint-Savin. Pour elle, ne pas percevoir cette prime Covid n'est qu'une déception de plus qui s'ajoute à des conditions de travail déjà très difficiles.

"Je suis sûre que si on parle à notre ministre et qu'on lui demande quelle est notre mission, quel est notre travail, il serait incapable de nous répondre. Il ne connait pas notre métier."

Leur vie quotidienne est une succession de galère.

"Quand on tombe par exemple en panne de voiture c'est la grande catastrophe. On ne sait pas comment on va faire pour continuer à travailler alors on se met en arrêt maladie ou on prend des congés parce que sans voiture notre contrat peut être rompu", confient Chantal et Marie France, auxiliaire de vie sociale à Saint-Savin depuis 20 ans. Entre chaque bénéficiaire, elles doivent parcourir entre 15 et 20 kilomètres.

Toutes les aides à domicile sont unanimes. Elles aiment leur métier et ont de l'empathie pour leurs bénéficiaires. Mais les conditions de travail très difficiles poussent régulièrement les jeunes recrues à démissionner.

"On adapte notre vie personnelle par rapport à notre travail. Est-ce que je vais pouvoir faire un repas à Noël ? Ah ben non je travaille. Premier de l'an ? Hum, si ça tombe en semaine je vais débaucher très tard non je vais pas pouvoir. Les enfants sont en vacances ? Va falloir payer la nounou mon dieu on s'arrache les cheveux comment je vais faire !". Chantal, auxiliaire de vie sociale

Le département propose une revalorisation

La mobilisation du mercredi 1er juillet a réuni entre 100 et 200 personnes. Le département a reçu une délégation d'aides à domiciles et a annoncé voir plus loin que la prime Covid en rappelant sa proposition de revalorisation du tarif horaire de 11,3%.. Cependant, la déléguée CGT Christine, s'inquiète du fait que cette revalorisation doive d'abord passer par le directeur de l'association au risque qu'elle n'arrive jamais dans le porte-feuille des aides à domicile.

Craignant aussi cet effet, le président PS du département, Jean-Luc Gleyze avait précisé dès le 12 juin :

"Des conventions seront ensuite signées avec les structures concernées pour que cet effort financier soit effectivement consacré à des hausses de salaires pour les intervenant.e.s à domicile."

Pour autant à l'image de ses collègues, Karima Amara, auxiliaire de vie à Bordeaux et déléguée syndicale CGT, reste vigilante. Si les revendications ne sont pas entendues, elle n'hésitera pas à frapper plus fort :

"Puisqu'on ne veut pas reconnaître nos métiers, s'il faut qu'on leur prouve par A + B qu'on est importantes voire indispensables on peut tout simplement faire une journée blanche avec aucune auxiliaire de vie sur la France. On verra après comment va se porter la France".

Le reportage est à retrouver en intégralité dans le podcast ci-dessus

Photos : Sarah Dumeau

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