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Squat : la préfecture expulse, la mairie se défend d'être complice

Ce lundi 8 février, la trentaine de personnes qui habitaient le "Lx Perchatte", à la Bastide, ont été expulsées. La mairie, accusée de complicité, y pouvait-elle quelque chose ? On en parle avec Gus, squatteur, et Harmonie Lecerf, adjointe au maire.

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Point Chaud

Squat : la préfecture expulse, la mairie se défend d'être complice

08/02/2021

Photo de l'article: Squat : la préfecture expulse, la mairie se défend d'être complice

Le bâtiment concerné appartient au ministère de la Défense. C'est donc l’État (représenté par la préfecture) qui a demandé l'expulsion et y a fait procéder par la police ce lundi 8 février.

Pourquoi la préfecture a-t-elle décidé de mettre à la rue trois familles ainsi que des étudiants, en pleine trêve hivernale ? La mairie était-elle au courant et aurait-elle pu s'y opposer ?

On en parle dans ce Point Chaud avec Gus, l'un des habitants expulsés du Lx Perchatte, et Harmonie Lecerf, adjointe chargée de l'accès aux droits et des solidarités.

"Cela fait 2 ans que 5 des appartements étaient squattés notamment par des familles de réfugiés avec enfants mais aussi par des personnes en situation de grande précarité. La cohabitation avec les voisins locataires se passait bien mais aujourd’hui en pleine pandémie mondiale et en pleine trêve hivernale nous avons été expulsés, sans autre proposition de logement. La préfecture était censée nous proposer des relogements, mais elle nous a seulement proposé d’appeler le 115... Donc actuellement nous n’avons trouvé que des relogements temporaires."

Gus estime que la mairie devait être au courant de l'expulsion, "puisque ces habitations vont être rasées pour un projet immobilier, à priori pour construire des logements sociaux".

Il insiste sur les conséquences pour les enfants scolariés : "Beaucoup des enfants de réfugiés étaient scolarisés à proximité donc ce squat leur permettait d’avoir un minimum de stabilité, en sachant que la majorité est en attente de régularisation. Maintenant ces familles vont devoir faire un trajet beaucoup plus long pour continuer de scolariser leurs enfants..."

Du côté de la mairie, Harmonie Lecerf se défend de toute "complicité" : "[On] l'a appris seulement en fin de semaine dernière grâce à des story Instagram. Nous avons donc compris seulement jeudi ou vendredi de quel squat il s’agissait et après la préfecture nous a confirmé pendant le week-end que l’expulsion aurait bien lieu."

"On ne peut rien faire contre une expulsion d’un logement qui ne nous appartient pas. On ne sollicite le maire que pour lui demander un arrêté concernant une expulsion, ce qui n’a pas été le cas ici. On ne nous a pas sollicité. Nous avons quand même tenté de négocier avec la préfecture mais nous ne pouvions rien faire d’autre. Nous n'avons pas eu d’explication concernant l’urgence de l’expulsion et comme vous le savez nous n’avons pas réussi à l’éviter.

L'élue rappelle également que ce batiment ne faisait pas partie du projet Bastide-Niel, et que la mairie "n’évacue pas des gens secrètement pour des projets immobiliers ! Par exemple à Gradignan, un squat devra être évacué pour ces mêmes raisons mais on essaie de reculer le jour où cela devra avoir lieu pour aider à reloger ces personnes. On le fait en toute transparence."

Face à ces expulsions, que peut faire la mairie pour aider à reloger les habitants ? Quelques places d'hébergements "disponibles quasiment immédiatement" ont été créées cet hiver. "On est aussi en train de chercher des solutions pour reloger des familles du squat de Gradignan qui va devoir être expulsé et ensuite on aura quasiment comblé toutes les places disponibles. On essaie aussi de réhabiliter des logements vétustes pour permettre à des personnes d’y vivre mais la mairie n’a pas les moyens de tous les rénover donc nous faisons appel à des associations. La mairie ne peut pas tout prendre en charge parce que ce serait une charge trop importante. On ne va pas répondre à des appels à projet pour devenir opérateur d’hébergements d’urgence. Nous n’avons pas les capacités financières de faire ça" explique Harmonie Lecerf.

Quant à la possibilité de réquisitionner des logements vides, elle ne serait toujours pas à l'ordre du jour en raison du coût de l'accompagnement "sur le long terme" nécessaire, selon l'élue.

"On n’envisage pas de mettre les gens dans des logements sans les accompagner. Dans l’état actuel du CCAS on ne peut pas faire ça. On a déjà plusieurs projets en cours, des salles que l’on a ouvertes, cela nous demande déjà beaucoup de présence et actuellement nous n’avons pas assez de personnels et de moyens. On vient juste en plus d’arriver à la mairie, on n’a pas encore eu le temps de tout changer.

Deux entretiens à écouter en intégralité dans le podcast, en haut de page

Également dans ce Point Chaud : la semaine de la pensée marxiste organisée par l'Union des étudiants communistes de Bordeaux, avec pour thème la précarité étudiante, et comment financer les études.

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