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Violences policières à Bordeaux : "Si c'est réglementaire, c'est qu'il faut changer le règlement"

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"Aucune infraction reprochée" ni "aucune charge retenue contre lui". Le jeune homme violemment interpellé lors de la manifestation des gilets jaunes ce samedi 8 février est ressorti libre de sa garde à vue. Entretien avec la LDH de Bordeaux.

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13m

L'invité.e

Pierre-Antoine Cazaux, nouveau président de la Ligue des droits de l'Homme de Bordeaux

Diffusé le 12/02/2020

Pierre-Antoine Cazaux est membre de l'Observatoire girondin des libertés publiques, co-auteur des rapports de l'OGLP sur les pratiques policières à Bordeaux, et nouveau président de la Ligue des droits de l'Homme de Bordeaux.

Comment qualifiez-vous l'interpellation filmée par AB7 Media (scène à 7'20) samedi 8 février à Bordeaux ?

On peut considérer l'interpellation comme excessivement brutale ou violente dans la manière dont elle a été faite. La personne n'est pas dans une situation de danger. Elle est calmement contre un mur. Il ne se passe rien. Cette interpellation par rapport à la situation n'est pas acceptable.

Effectivement, il y a eu des violences auparavant et des tensions, et ces tensions expliqueraient selon la police la raison pour laquelle elle a été interpellée. Mais au moment de l'interpellation, il ne se passe rien. [Après sa garde à vue, le jeune homme a été libéré sans aucune charge retenue à son encontre indique son avocat - ndlr.]

Elle serait réglementaire disent les syndicats de policiers...

Soit elle est règlementaire, et à ce moment-là c'est le règlement qui a un problème. Soit elle n'est pas règlementaire. Je pense plutôt qu'elle n'est pas règlementaire car elle est excessive. La force utilisée est excessive.

"La décision a été prise de boucler la ville de Bordeaux"

Vous étiez présents lors de cette manifestation avec l'Observatoire girondin des libertés publiques. Depuis un an, vous avez produit deux rapports dont le premier permettait de comprendre les logiques d'intimidation du Préfet Didier Lallement, depuis promu à Paris. La stratégie a-t-elle vraiment changé sous la préfète Fabienne Buccio ?

La stratégie avait changé. La police était moins présente, plus en retrait. Elle avait un contact moins important avec les manifestants. Ce week-end ce n'était pas le cas. La décision a été prise de boucler la ville de Bordeaux, d'empêcher d'entrer dans le centre-ville, avec une présence policière extrêmement visible et présente ne laissant passer les manifestants dans aucune rue.

Des manifestants dont certains auraient voulu entrer dans la braderie, qui se déroulait au même moment à Bordeaux.

En plus, il y avait un appel national pour que la manifestation se passe à Bordeaux. Ce n'est pas tant la stratégie qui a été particulièrement remarqué ce week-end - sinon en raison de cet empêchement dans la ville - qu'une utilisation excessive des lanceurs de balle de défense (LBD).

On a observé des agents - par exemple de la bac - tirer au LBD sur des gens qui ne les mettaient pas en danger. Il y a pu y avoir auparavant des tensions, mais pas à ce moment précis. Il y a eu ce que l'on peut considérer comme des violences policières. Et il y a eu ces interpellations qui pour certaines ont été un peu violentes...

nom de la photo

Pierre-Antoine Cazaux, président de la LDH Bordeaux : "Il y a une réalité extrêmement brutale et invisible".

Est-ce que la présence des vidéastes amateurs ou indépendants compte ?

L'outil vidéo a permis de montrer ce qui existait déjà dans les manifestations - peut-être pas avec cette ampleur - et qui existe dans les quartiers populaires. Les média de masse ne s'étant pas saisi de cette question, les vidéastes, les journalistes indépendants, les petits médias s'en sont saisie car il y a une réalité extrêmement brutale et invisible. C'est un effort de visibilisation de ces violences.

Comment peut fonctionner la stratégie de désescalade pour laquelle vous plaider ?

Déjà par le respect des libertés dont celle de manifester. Plus concrètement, la désescalade passe par mettre moins en avant la police : faire moins de provocations, avoir une réponse plus proportionnée (lancer des lacrymogènes contre une insulte c'est excessif). Il faut avoir du dialogue, par exemple quand les policiers parlent directement avec les manifestants, ou bien en utilisant des mégaphones pour prévenir les gens. Sur le terrain ou dans les médias, la communication joue pour beaucoup. Tout comme l'absence de répression systématique de tout, et notamment de la liberté d'expression.

Photo de Une : extraite de la vidéo de AB7 Média.

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