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CHU de Bordeaux : Epuisées, les petites mains de la blanchisserie se mettent en grève

Les blanchisseuses en colère du CHU de Bordeaux ont lancé jeudi 21 janvier une grève illimitée et reconductible. Entretien avec Marie-Laure Charchar, secrétaire du syndicat CGT de la blanchisserie Haut-Lévèque.

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CHU de Bordeaux : Epuisées, les petites mains de la blanchisserie se mettent en grève

22/01/2021

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La Clé des Ondes : Pourquoi partez-vous en grève ?

Marie-Laure Charchar : On part en grève pour une grosse revendication : les effectifs. On demande aussi une planification du temps de travail : actuellement on nous dit du jour au lendemain où nous seront positionnées et à quelle heure alors que c'est illégal. On demande aussi la contractualisation de tous les contractuelles.

Une discussion existe-t-elle avec la direction ?

Elle a eu lieu. Quand on pose un préavis de grève dans la fonction publique on a cinq jours pour être reçues en négociation. On a été reçues mais ils ne nous prenaient pas au sérieux. Ils nous ont donné des plannings de 15 jours car c'est légal. Ils n'ont pas pu chipoter mais sur l'effectif et les titularisations, c'est plus compliqué.

On a donc fait ce piquet de grève pour annoncer le début de cette grève illimitée, et je pense qu'on va le reconduire. On n'est pas contentes. On est épuisées physiquement, moralement. On ne peut même pas partir en congés quand on le souhaite à part les vacances d'été. On est aussi souvent appelées à revenir alors qu'on est en vacances à cause d'un manque de personnel. La direction nie. Plus exactement, nous souhaitons le remplacement des longues maladies, la direction dit que c'est fait.

Vous demandez combien de remplacements ?

Dix. Dix remplacements ce n'est pas la mer à boire. C'est juste pour bien fonctionner et ne plus être épuisées physiquement. Ici ce sont déjà des gestes répétitifs, le matériel est vieillissant. On a des poussières qu'on respire à longueurs de journée. On demande ces embauches pour nous soulager car on n'en peut plus de ces conditions de travail. On subit aussi une ambiance de merde avec une hiérarchie qui ne reconnait pas notre travail.

Pourquoi le choix de votre slogan "De l'argent pour l'hôpital, pas pour le capital" ?

Le gros capital, les gros actionnaires s'enrichissent de plus en plus et nous à l'hôpital on est en train de crever. On a eu des miettes au Ségur. On a eu 183€ d'augmentation mais ça n'est pas assez. On est à la limite financièrement. On est catégorie C et certains ne sont mêmes pas au niveau du Smic, ce qui oblige le CHU à revaloriser le salaire pour être au niveau du Smic. C'est inacceptable. Ça fait 20 ans qu'on est en train de crever alors que le capital s'enrichit.

Quelles pourraient être vos prochaines actions ?

Ce n'est pas le syndicat qui le décidera mais ce sont nos collègues. Le rapport de force on ne pourra l'avoir qu'avec nos collègues. On espère être plus nombreuses au prochain rassemblement en espérant que les personnes assignées pourront être là. On a 37 grévistes et 11 assignations. On espère que tout le monde à l'extérieur puisse venir aussi nous soutenir car on est les petites mains du CHU mais bien là pour faire fonctionner l'hôpital.

Entretien réalisé par Mamadou Saidou Barry.

Des infos via la page Facebook du syndicat CGT de la blanchisserie Haut-Lévèque

Une caisse de soutien à la grève a été ouverte

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