Mamadi Doumbouya élu Président de la République de Guinée
Durée : 1h
« Préférer la liberté dans la pauvreté que la richesse dans l’esclavage ». Peut-être la phrase la plus célèbre de Sékou Touré au moment du clash avec De Gaulle et de l’indépendance en 1958. En effet, la Guinée, la République de Guinée dite aussi la Guinée Conakry, cet Etat de l’Afrique de l’ouest, ancienne colonie française, a été la seule colonie francophone d’Afrique subsaharienne à refuser le projet de « Communauté française » en 1958 et à faire le choix de l’indépendance, un pays longtemps associé à la figure de son leader nationaliste devenu dictateur, Sékou Touré qui l’a dirigé sans partage de 1958 à sa mort en 1984.
Putschisme. Depuis la mort de Sékou Touré en 1985, la Guinée a connu une assez grande instabilité politique, avec une alternance de putschs et d’élections : Lansana Conté dans les années 1990, Maoussa Dadis Camara dans les années 2000, Sékouba Konaté en 2010, Alpha Condé dans les années 2010, le seul qui n’est pas un militaire mais qui finira lui aussi par « régner sans partage » et enfin Mamadi Doumbouya depuis 2021. 40 années marquées aussi par la violence politique comme le massacre de civils au stade de Conakry le 28 septembre 2009…
Mamadi Doumbouya C’est lui qui en septembre 2021 renverse Alpha Condé et s’installe au pouvoir à la tête d’un régime militaire de transition. Une transition qui prend fin le 28 décembre dernier, malgré les promesses de ne pas se présenter, avec cette élection triomphale à la Présidence de la République (82,72 % des voix dès le premier tour avec une participation de 8O %) bien préparée, dans un pays sous contrôle.
Des richesses naturelles fabuleuses. On dit de la Guinée que c’est « le château d’eau de l’Afrique de l’ouest », avec des fleuves puissants, bien alimentés, le Niger, le Sénégal, la Gambie, qui représentent un potentiel agricole et hydroélectrique considérable. On dit aussi de la Guinée que c’est « un scandale géologique ». Son sous sol renferme des diamants, de l’or, du pétrole, de l’uranium, des phosphates, du manganèse, de la bauxite (1/3 des réserves mondiales !)… et du fer, beaucoup de fer et du très bon, avec en particulier ce gisement monstrueux qui fait l’objet de toutes les convoitises, le gisement de Simandou au Sud, dont l’exploitation vient de démarrer, confié à des capitaux étrangers anglo-canadiens et chinois, et aux sociétés Simfer (filiale de Rio Tinto) et Chinalco : 18 milliards d’investissement, 650 kms de voie ferrée, un port en eau profonde… Un bel exemple d’extractivisme forcené et primaire : avec beaucoup de pollution et un produit brut exporté et qui n’est donc pas transformé et valorisé dans le pays…
Une population jeune. 2/3 de la population Guinéenne a moins de 30 ans, un formidable potentiel pour peu que toutes les richesses naturelles et les formidables atouts du pays soient valorisés et partagés… et c’est tout le problème, 52 % des Guinéens vivent sous le seuil de pauvreté, les jeunes, très jeunes, quittent le pays et prennent tous les risques, attirés par l’Europe, connaissent le pire sur leur parcours migratoire, la violence, le travail forcé, les maltraitances, la mort aussi dans la traversée du Sahara ou de la Méditerranée… et il faut bien le dire, souvent ici, pour ceux qui arrivent jusqu’à nous en France, le froid, la rue, la maltraitance, le racisme… et l’impossibilité de revenir en arrière…
Guinée Solidarité Bordeaux. C’est une association constituée en 2012, autour de projets d'aide au développement par la culture en Guinée Conakry. C'est la quatrième antenne françaises de l'ONG « Guinée Solidarité », créée en 1987 par Nadine Bari, épouse de disparu politique sous le régime de Sékou Touré. Guinée Solidarité Bordeaux s’est beaucoup impliquée ces dernières années dans l’accompagnement des nombreux MNA (Mineurs Non Accompagnés) de Bordeaux et dans la prise de conscience des drames humains et familiaux que représentent ces migrations de jeunes, de très jeunes Guinéens qui prennent tous les risques sur des routes migratoires vers l’Europe dangereuses et meurtrières et qui ne trouvent pas en Europe le paradis qu’ils s’étaient imaginés. L’association a soutenu la réalisation et la diffusion ici en France et en Guinée du film documentaire "Nô Mëti Sifhade" (« Difficile à raconter ») du Guinéen Thierno Souleymane DIALLO sur la vie et les confessions de 8 Mineurs Non Accompagnés de Bordeaux.
Musiques
- Ali Baba et ses 40 voleurs Elie Kamano
