Pour quelques décibels de liberté : convois de caissons contre la répression
Durée : 51 minutes
Crédits photos : Lila Péréon-Bouton
À l'origine du rassemblement, le collectif Techno Anti-Répression Bordeaux. Ce jour-là, la scène se répète dans plusieurs villes françaises. Depuis plusieurs semaines, des « manifestives » entre manifestations politiques et fêtes émergent partout en France. Pour le mouvement free party, descendre dans la rue n'est pas une nouveauté. Depuis plusieurs décennies, les acteur·ices de cette culture revendiquent la reconnaissance de leurs pratiques et contestent les politiques sécuritaires qui les entourent. Mais cette mobilisation prend aujourd'hui une dimension particulière.
En effet, le projet de loi RIPOST, porté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, prévoit un durcissement sans précédent des sanctions liées aux rassemblements festifs non déclarés. Jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour les organisateur·ices, six mois de prison et et jusque’à 7500 euros d'amende pour les participant·es. Pour beaucoup, ces mesures franchissent une nouvelle étape : elles ne viseraient plus seulement l'organisation logistique des événements, mais la participation même à une pratique culturelle. Face à cet arsenal répressif et liberticide, la riposte s'organise. Sound systems, artistes, teufeur·euses : des milliers de personnes se sont rassemblées pour défendre une liberté : celle de se réunir et de danser.
Dans le cortège, les slogans dénoncent une délictualisation de la fête . Plusieurs manifestant·es pointent ce qu'iels considèrent comme une contradiction : l'investissement politique consacré à la répression leur paraît disproportionné au regard des moyens accordés à la prévention, à la réduction des risques ou à la protection des plus jeunes dans des circonstances qui semblent bien plus prioritaires. Derrière les enceintes et les drapeaux, les revendications dépassent largement la seule question de la musique électronique.
Que dit d'une société le fait qu'une partie de sa jeunesse, mais aussi de ses générations plus anciennes, doive aujourd'hui manifester pour défendre son droit à danser ? Depuis quand un corps qui danse est-il devenu une menace ? Derrière les enceintes, c'est peut-être moins la fête qui est défendue qu'une certaine idée de la liberté. Celle de se réunir, d'occuper un espace commun, de créer du collectif et, ne serait-ce que pour quelques heures, d'expérimenter d'autres façons d'être ensemble.
La suite à écouter dans notre reportage.
Un reportage réalisé par Léa Perron et Line Fortier






