Chanter la rue !
Durée : 31 minutes
Vecteurs de contestation, la musique et le chant portent la révolte sociale, politique, féministe dans les rues. Repris en chœur, ils accompagnent au quotidien et dans les mémoires, créent de la fraternité et de la complicité entre celles et ceux qui luttent pour revendiquer un autre monde plus juste et plus plus humain.
Des chorales les reprennent pour mieux les magnifier encore. Elisabeth Magne, militante féministe, membre de la chorale « La Râle-Co », nous confie sa parole de militante dans ce septième numéro de l’émission En La Nommant, consacrée aux chants de lutte.
Vous trouverez ci-dessous un petit glossaire des chansons et des slogans qui rythment le récit de Elisabeth.
Canción sin miedo (Chanson sans peur), Vivir Quintana
La chanson a été écrite et composée en 2020 par Vivir Quinitana, artiste féministe mexicaine, afin de dénoncer les féminicides et toutes les violences faites aux femmes mexicaines. Très vite elle est reprise en Amérique latine, puis partout dans le monde et devient un véritable hymne mondial de la lutte féministe contre les violences. « Ils ont semé la peur, ils nous ont fait pousser des ailes », dit la chanson symbolisant ainsi le combat féministe fait de solidarité et de liberté.
El violador eres tù, Dafne Valdès, Paula Cometa Sibila Sotomayoy et Lea Caceres
Écrite en novembre 2019, il s'agit d'une chanson chilienne, ou plutôt un hymne féministe contre les violences sexistes, reprise dans tous les pays du monde. Le collectif féministe Las Tesis a crée une chorégraphie qui rend plus visible encore la dénonciation des violences faites aux femmes. Les paroles scandées plus que chantées dénoncent le patriarcat, l’impunité des violeurs et des coupables de féminicides, la complicité des juges, des policiers, des politiques. Le refrain dit : « Et le coupable ce n’est pas moi, ni mes fringues, ni l’endroit, le violeur c’est toi, ce sont les policiers, les juges, l’état, le président… »
La lega, anonyme
Chantée par les femmes repiqueuses de riz dans la région de Padou en Italie, cette chanson exprime la révolte des ouvrières agricoles contre les patrons, à la fin du 19e siècle. La lega signifie la ligue, organisation socialiste, et le texte reprend les revendications ouvrières : salaire, conditions de travail, liberté syndicale (la chanson dénonce « les jaunes »)… On peut aussi l’entendre dans le film 1900 de Bertolucci quand les femmes manifestent contre l’expulsions des fermiers.
Rome, Solann
Dans cette chanson que l’on trouve sur l’album si on sombre ce sera beau paru en 2025, Solann reprend le mythe de la fondation de Roma par la « lupa », la louve, qui devient la chienne, pour les masculinistes, à travers un texte militant féministe. Le texte, souvent métaphorique, dénonce l’emprise masculine, et revendique la spécificité féminine.
Je suis fille de (réécriture de Je suis fils de, de Xavier Petermann)
La version féministe est reprise par de nombreuses chorales et dans les manifestations féministes notamment. Cette chanson dénonce le nationalisme, le patriarcat, elle décrit aussi une histoire sociale et la volonté de révolte contre les oppressions de genre, de classe sociale, de religion, et d’origine.
L’Hymne des femmes
Créée collectivement en mars 1971 par des militantes féministes à Paris, sur l’air du Chant des marais, chant allemand composé par des détenu.es politiques du camp de concentration de Borgermoor, la chanson est devenue un emblème du Mouvement de Libération des Femmes, puis elle est reprise dans tous les mouvements de lutte féministes.

La Râle-Co place Camille Jullian dans le cadre du festival Cinémarges, le 13 avril 2025.