On lâche rien !

De HK à Barbara, la militante écologiste Claire Le Lann nous raconte ses chants et slogans de lutte préférés, dans le 5e épisode d'En la nommant.

Durée : 31 minutes

Ne rien lâcher, toujours se retrouver, ensemble, dans la rue, pour revendiquer un monde plus juste, plus humain, un monde tolérant où il fait bon vivre : un autre monde que celui là !

Ces luttes sont vivantes dans notre quotidien et nos mémoires. Claire Le Lann, infirmière et militante écologiste, nous confie sa parole de militante dans ce cinquième numéro de l’émission En La Nommant, consacrée aux chants de lutte.

Vous trouverez ci-dessous un petit glossaire des chansons et slogans qui rythment le récit de Claire.

"On lâche rien", HK

La chanson, parue en 2010 sur l’album Citoyen du monde, est devenue omniprésente dans les manifestations créant un lien entre toutes comme une signature militante. Paroles et musique sont de HK (initiales de Kaddour Haddad), chanteur engagé d’abord dans le groupe MAP (Ministère des Affaires Populaire) puis avec le groupe Saltimbanks. La chanson mêle rythmes populaires, airs orientaux, accordéon, à des paroles engagées, et porteuses d’espoir.

"Danser encore", HK

Comme la précédente cette chanson est devenue emblématique des revendications libertaires et solidaires. Écrite et composée par HK, la chanson est sortie en 2020, au moment de l’annonce du deuxième confinement et alors qu’un concert est annulé, en réaction à ces mesures dénoncées comme autoritaires. Elle fait appel à la désobéissance civile face aux diktats de « Monsieur le bon roi » dans le cadre des principes antiracistes et de non violence que le chanteur a toujours défendus.

"San Fancisco", M. Le Forestier

C’est le titre original de cette « maison bleue », lieu devenu mythique d’une époque où le projet collectif du « vivre ensemble » prenait toute sa place. Elle se trouve sur l’album Mon frère paru en 1972. Cette maison bleue c’est celle qu’habitait une communauté hippie baptisée Hunga Dunga où se côtoient nombre d’opprimé.es pour nombre de raisons : déserteurs du Viet nam, homosexuel.les, exilé.es… et dans laquelle Maxime le Forestier et sa soeur Catherine ont séjourné quelques semaines en 1971.

"L’aigle noir", Barbara

La chanson parue en 1970 se trouve sur l’album éponyme. Ecrite, composée et interprétée par Barbara, elle raconte un rêve au cours duquel un aigle noir descend vers la narratrice. Barbara révélera plus tard avoir été victime d’inceste et une interprétation psychanalytique du texte assimile l’aigle noir à son père. D’autres interprétations renvoient à l’emblème du 3e Reich et de la fuite de Barbara pendant la guerre parce que juive. Aujourd’hui la chanson est reprise par les féministes comme symbole contre les violences sexuelles faites aux femmes : « l’aigle noir c’est toi », scandaient les manifestantes contre Depardieu lors des tournées où il chantait le répertoire de Barbara.

"Une sorcière comme les autres", Anne Sylvestre

Cette longue chanson ( plus de 7 minutes) est l’hommage de Anne Sylvestre aux femmes, et à leur condition. Elle dénonce cette figure négative à laquelle l’histoire les a condamnées. Emblématique de toute une génération, elle est reprise souvent dans les manifestations féministes. Elle a été écrite et composée par Anne Sylvestre en 1975 et se trouve sur l’album éponyme.