Prendre la rue !
Durée : 34 minutes
Il n’y a pas d’avancées sociales et politiques sans prendre la rue, il n’y a pas de luttes sans envahir la rue... Et l’on se retrouve alors ensemble, dans la rue, pour revendiquer un monde plus juste, plus humain, un monde tolérant : un autre monde que celui-là !
Ces luttes sont vivantes dans notre quotidien et nos mémoires. Erwan Nzimenya, militant à SOS Racisme, nous confie sa parole de militant dans ce sixième numéro de l'En La Nommant.
Vous trouverez ci-dessous un petit glossaire des chansons et slogans qui rythment le récit de Erwan .
Confessions nocturnes, Diam’s
La chanson est extraite de l’album Dans ma bulle paru en 2006. Elle a été écrite et composée par Diam’s, Vita, Tefa, Elio et DJ Maitre. Elle raconte les confidences de deux amies au sujet de l’infidélité de leurs amants. Très réaliste, le texte décrit l’emprise et les violences psychologiques masculines et patriarcales, et la sororité pour y faire face. Si la chanson n’est pas reprise dans les manifestations, elle est présente autour d’elles, notamment avant et après les rassemblements sur la sono des organisations associatives et syndicales.
Porcherie, Bérurier noir
C’est le slogan qui ponctue cette chanson : « la jeunesse emmerde le Front National » qui en fait une chanson iconique de la lutte anti-fasciste et anti-raciste, ainsi que des manifestations contre l’extrême-droite. Écrite en 1985 sur l’album Concerto pour détraqués par Francois Guilemot, le chanteur du groupe punk rock Bérurier noir, elle dénonce le capitalisme, l’oppression, la répression politique et l’extrême droite. Elle fait référence également au film éponyme de Pier Paolo Pasolini. C’est à partir que 1988 avec le score de 14% au premier tour des présidentielles de Le Pen qu’elle devient à la fois cri de révolte, slogan de manifestation et chant de la jeunesse en lutte, ce qu’elle demeure toujours…
L’internationale (paroles Eugène Potier, musique Pierre Degeyter)
il s’agit du chant révolutionnaire par excellence. Écrite en 1817 lors de la répression ouvrière de la commune, elle sera chantée dans le monde entier au nom du socialisme, du communisme, et par les anarchistes et les syndicats anticapitaliste. À partir de 1904, à la suite du congrès de la IIème internationale, elle devient l'hymne des travailleurs révolutionnaires qui veulent que le monde « change de base », le chant traditionnel le plus célèbre du mouvement ouvrier dans le monde. Elle sera aussi l’hymne national soviétique jusqu’en 1944. Traditionnellement, celles et ceux qui la chantent lèvent le bras en fermant le poing.
« Même si Macron le veut pas, nous on est là ». Anonyme
la mélodie est une reprise d’une chanson italienne de 1971, elle même reprise par Mike Brant en 1972...puis elle deviendra un chant de supporters des clubs de foot de Marseille et Lens avant de devenir le chant emblématique de la révolte des gilets jaunes et des manifestations contre la réforme des retraites. Bien évidemment ce sont les paroles qui en font un chant de lutte. Des paroles qui évoluent constamment selon l’actualité, même si le refrain demeure quasi systématiquement le même : « On est là ! Même si Macron le veut pas, nous on est là ! Pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, même si Macron le veut pas, nous on est là ».