HV 154 littérature prolétarienne Kobayashi Takiji Kanikosen Le Bateau-usine

HV 154 littérature prolétarienne Kobayashi Takiji Kanikosen Le Bateau-usine

Ce Kanikosen [Le Bateau-usine] dont le surprenant retour en grâce nous réunit aujourd'hui n'est pas seulement une œuvre remarquable, le chef-d'œuvre d'un écrivain prolétarien dont la vie a été abrégée l'empêchant de produire des œuvres qui servent la révolution prolétarienne tout en jetant, idéalement du moins, les bases d'une nouvelle littérature qui rompt tant par la forme que par le fond avec les productions bourgeoises. Le travail de Takiji s'inscrit donc dans le cadre hautement volontariste d'un mouvement, celui de la Ligue des écrivains prolétariens japonais – la Nihon puroretaria sakka dômei, mouvement que Takiji n'eut de cesse de rejoindre et dont il finit par être non seulement le romancier majeur, mais aussi un des principaux dirigeants. Le Bateau usine est un roman qui s’inspire des témoignages sur le quotidien de la classe ouvrière japonaise, plus particulièrement celui de l'équipage du Hakkō-maru, un bateau de pêche industrielle au crabe. Parmi les jeunes générations, la phrase « On se croirait dans une scène de Kanikōsen » est fréquemment prononcée, pour mentionner la pénibilité des tâches à accomplir par les employés « non-réguliers », qui représentaient en 2007 un tiers des emplois contre 17,6 % en 1987. Ceux-ci se sentent traités comme des esclaves, insultés et raillés par les travailleurs « réguliers », comme dans le livre de Kobayashi.

Le livre paraît à cette époque sous forme de manga et commence à cette date une carrière internationale y compris en France. Un film est tourné par Sabu en 2009, puis en 2023 remake du film Kanikōsen de Sō Yamamura, datant de 1953.